Plusieurs des collectivités les plus prisées au Canada sont situées à proximité de forêts, de prairies et de milieux naturels. Les villes de montagne, les collectivités riveraines et les propriétés rurales offrent un accès à la nature, des vues pittoresques et de nombreuses activités de plein air, mais elles peuvent aussi être plus exposées aux feux de forêt.

Comme les feux de forêt sont devenus plus fréquents dans certaines régions du pays, les acheteurs accordent davantage d’importance à l’évaluation du niveau d’exposition d’une propriété avant de l’acheter.

Le risque de feux de forêt ne devrait pas nécessairement dissuader quelqu’un d’acheter une propriété. Il s’agit plutôt d’un facteur important à évaluer au même titre que l’état de la propriété, son emplacement et les coûts de possession à long terme. Bien comprendre les risques à l’avance peut aider les acheteurs à prendre des décisions éclairées en matière d’assurance, de financement et d’entretien futur.

Comment savoir si une propriété est à risque?

Commencez par évaluer les environs de la propriété. Les maisons qui bordent des forêts, des prairies ou des pentes à végétation dense sont généralement plus exposées aux feux de forêt que les propriétés situées dans des quartiers urbains bien établis. La topographie est aussi un élément important à considérer, puisque les feux de forêt ont tendance à se propager plus rapidement en montant une pente.

En plus de visiter la propriété, les acheteurs devraient consulter l’information accessible au public.

Plusieurs provinces publient des cartes des risques de feux de forêt, et les municipalités situées dans des régions à risque élevé tiennent souvent leur propre cartographie des risques pour orienter l’aménagement et le développement du territoire. Un courtier immobilier de la région peut vous aider à repérer les ressources disponibles et à déterminer si la collectivité participe au programme FireSmart Canada ou à d’autres initiatives d’atténuation des risques de feux de forêt.

Il est aussi pertinent de vous renseigner sur l’historique de la propriété. Le secteur a-t-il déjà fait l’objet d’alertes ou d’ordres d’évacuation? La maison a-t-elle déjà subi des dommages ou fait l’objet d’une réclamation d’assurance liés à un feu de forêt ou à la fumée? Bien que les obligations de divulgation varient d’une province à l’autre, il s’agit de questions raisonnables à poser dans le cadre de la vérification diligente.

Sera-t-il plus difficile d’obtenir une assurance habitation?

L’assurance est l’un des éléments les plus importants à considérer lors de l’achat d’une propriété dans une zone à risque élevé, et elle devrait être examinée avant la levée des conditions d’achat.

Bien que la plupart des maisons situées dans des régions exposées aux feux de forêt demeurent assurables, les primes peuvent varier considérablement selon l’emplacement de la propriété, la végétation environnante et le type de construction. Dans certaines zones à risque élevé, les assureurs peuvent imposer des exigences de tarification supplémentaires ou offrir des options de couverture plus limitées.

Cela peut aussi avoir une incidence sur le financement. La plupart des prêteurs hypothécaires exigent une preuve d’assurance habitation adéquate avant de débourser un prêt hypothécaire. Si l’assurance est difficile à obtenir ou trop coûteuse, cela peut influer à la fois sur les options de financement et sur la valeur de revente de la propriété à long terme.

Pendant la période conditionnelle, les acheteurs devraient obtenir une soumission d’assurance fondée sur l’adresse exacte de la propriété plutôt que de se fier aux moyennes du quartier. Renseignez-vous sur les primes, les franchises, les protections offertes et la possibilité que certaines mesures d’atténuation permettent de réduire les coûts d’assurance.

Quelles caractéristiques rendent une maison plus résistante aux feux de forêt?

Des recherches ont démontré que de nombreuses maisons touchées par des feux de forêt s’enflamment en raison de braises transportées par le vent plutôt qu’au contact direct des flammes. La conception d’une maison et ses matériaux de construction peuvent donc jouer un rôle important dans la réduction de sa vulnérabilité.

Lorsque vous visitez une propriété, tenez compte des caractéristiques suivantes :

Matériaux de toiture. Les toits en métal, les tuiles d’argile et les bardeaux d’asphalte homologués de classe A offrent généralement une meilleure résistance au feu que les bardeaux de bois non traité. Comme les toits sont particulièrement vulnérables aux braises transportées par le vent, les matériaux de toiture comptent parmi les éléments les plus importants à évaluer.

Revêtement extérieur. Le fibrociment, le stuc, la brique et le revêtement métallique résistent généralement mieux à l’inflammation que les produits de bois non traité.

Évents et ouvertures. Les évents de l’entretoit, des soffites et du vide sanitaire peuvent laisser entrer des braises dans la maison. Des grillages métalliques à mailles fines aident à réduire ce risque tout en maintenant la ventilation.

Terrasses et clôtures. Les matériaux combustibles reliés directement à la maison peuvent permettre au feu de se propager. L’utilisation de matériaux de terrasse incombustibles ou l’ajout d’une section en métal ou en maçonnerie là où la clôture rejoint la maison peut améliorer la résilience.

Fenêtres. Le verre trempé et les fenêtres à double vitrage résistent généralement mieux à la chaleur rayonnante que les anciennes fenêtres à simple vitrage.

Évaluez l’aménagement paysager autour de la maison

La zone qui entoure immédiatement une maison peut avoir une grande influence sur sa vulnérabilité lors d’un feu de forêt.

Les 1,5 premier mètre autour du bâtiment sont souvent considérés comme la zone la plus critique pour réduire le risque d’incendie. Les acheteurs devraient privilégier les propriétés où les matériaux combustibles ont été réduits au minimum à proximité de l’extérieur de la maison.

Des éléments comme le bois de chauffage empilé, le paillis combustible, les arbustes denses collés à la maison et les feuilles accumulées dans les gouttières peuvent accroître la vulnérabilité.

Parmi les aménagements paysagers qui peuvent améliorer la résilience, on compte le gravier ou tout autre couvre-sol incombustible près de la maison, une végétation bien entretenue, des arbres adéquatement espacés et le retrait régulier des végétaux morts.

Si ces éléments ne sont pas déjà en place, bon nombre d’entre eux peuvent être réalisés au moyen de travaux d’aménagement paysager relativement simples plutôt que de rénovations majeures.

Tenez compte du niveau de préparation de la collectivité

La résilience face aux feux de forêt ne se limite pas à une seule propriété. Les collectivités qui investissent activement dans l’atténuation des risques améliorent souvent la résilience de l’ensemble du quartier.

Les acheteurs peuvent vouloir vérifier si la municipalité participe aux programmes FireSmart Canada, gère la végétation sur les terrains publics avoisinants ou a mis en place un plan communautaire de protection contre les feux de forêt.

Parmi les autres éléments pratiques à considérer, mentionnons les voies d’accès d’urgence, la planification de l’évacuation et les ressources locales de lutte contre les incendies, notamment l’approvisionnement en eau et la couverture des bornes-fontaines.

Les collectivités qui font de la prévention des feux de forêt une priorité peuvent aussi être mieux placées pour maintenir l’assurabilité des propriétés et leur valeur à long terme.

Prévoyez un budget pour l’entretien continu

L’achat d’une maison dans une zone exposée aux feux de forêt peut entraîner des besoins d’entretien à long terme différents de ceux des propriétés situées dans des secteurs moins à risque.

Les primes d’assurance peuvent être plus élevées que la moyenne, et les propriétaires devraient prévoir un entretien saisonnier régulier, comme le nettoyage des gouttières, le retrait des débris sur le toit, la taille de la végétation et le maintien d’une zone de protection autour de la maison.

Avec le temps, les propriétaires pourraient aussi choisir d’améliorer certains éléments, comme les grillages des évents, les matériaux de toiture ou l’aménagement paysager, afin de renforcer davantage la résilience de la maison face aux feux de forêt.

Ces coûts sont généralement raisonnables, mais ils devraient être pris en compte dans le coût global de la propriété.

En résumé

L’exposition aux feux de forêt est devenue un autre élément important à considérer pour les acheteurs, au même titre que l’état de la toiture, du système de chauffage et des fondations. Évaluer le risque de feux de forêt tôt dans le processus d’achat permet aux acheteurs de mieux comprendre les exigences en matière d’assurance, les coûts de possession et les améliorations qui pourraient être souhaitables au fil du temps.

Intelli-feu Canada offre gratuitement aux propriétaires des ressources éducatives et des outils d’évaluation de propriété pour les aider à réduire le risque de feux de forêt. Les courtiers immobiliers de votre région peuvent aussi vous fournir des renseignements précieux sur les conditions régionales, le niveau de préparation de la collectivité et les questions à vous poser avant de présenter une offre.

Prendre le temps de bien comprendre le risque de feux de forêt avant d’acheter une propriété peut aider les acheteurs à prendre des décisions éclairées et à mieux se préparer à devenir propriétaires à long terme.