Le marché immobilier canadien a entamé la saison printanière sur une note de prudence en avril, alors que le nombre de nouvelles inscriptions a augmenté, que l’offre est restée stable et que les prix des logements ont enregistré leur plus faible baisse mensuelle depuis six mois, selon le dernier rapport de l’Association canadienne de l’immobilier (ACI). 

Si l’activité commerciale a légèrement augmenté entre mars et avril, la réduction de la durée de mise en vente et la stabilisation des prix laissent penser que la situation du marché pourrait s’améliorer progressivement.

Les ventes progressent alors que les annonces immobilières printanières inondent le marché

Les ventes de logements enregistrées dans les systèmes MLS® canadiens ont augmenté de 0,7 % en avril par rapport au mois précédent — une hausse modeste mais significative, les acheteurs commençant à revenir sur le marché. Plus particulièrement, les nouvelles inscriptions ont bondi de 4,1 % d’un mois à l’autre, marquant ainsi le coup d’envoi traditionnel de la saison des ventes printanières.

Le ratio national ventes/nouvelles inscriptions a légèrement reculé pour s’établir à 45,6 % (contre 47,1 % en mars), l’offre de nouvelles propriétés ayant augmenté plus rapidement que les ventes au cours du mois d’avril. Il convient de noter que cette évolution peut s’expliquer en partie par un décalage entre le moment où les biens sont mis en vente et celui où ils sont finalement vendus. 

La moyenne à long terme de cet indicateur s’établit à 54,8 %, et les valeurs comprises entre environ 45 % et 65 % sont généralement considérées comme reflétant des conditions de marché équilibrées — ce qui signifie que le Canada reste dans cette fourchette.

« Bien que les ventes immobilières n’aient que légèrement progressé entre mars et avril, cette faible hausse masque un début de mois tranquille suivi d’une nette accélération à l’approche de mai. Ce rebond s’est accompagné d’une réduction du délai de vente et d’une stabilisation des prix. », a déclaré Shaun Cathcart, économiste principal à l’ACI. « Cette nouvelle vague d’incertitude économique mondiale et la hausse des taux hypothécaires signifient que la reprise attendue cette année sur les marchés immobiliers restera modérée, mais cela ne signifie pas pour autant qu’il n’y aura aucune dynamique à la hausse. »

Les inventaires restent inférieurs aux niveaux habituels

À la fin du mois d’avril, 187 647 propriétés étaient mises en vente sur l’ensemble des réseaux MLS® canadiens, soit une hausse de 2,2 % par rapport à l’année dernière, mais un chiffre qui reste inférieur de 6,1 % à la moyenne à long terme pour cette période de l’année.

À l’échelle nationale, l’inventaire s’établissait à 5,2 mois — un indicateur clé mesurant le temps requis pour écouler les propriétés disponibles au rythme actuel des ventes. Ce chiffre, en légère hausse par rapport à février et mars en raison de l’arrivée des inscriptions printanières, s’approche de la moyenne à long terme qui est de cinq mois.

Les prix de l’immobilier affichent leur plus faible baisse mensuelle depuis octobre

C’est peut-être sur le front des prix que l’on a observé l’évolution la plus encourageante en avril. L’indice des prix des propriétés MLS® composé n’a reculé que de 0,1 % année après année, soit la plus faible baisse enregistrée depuis octobre 2025. Cette tendance s’inscrit dans la lignée d’autres signes d’amélioration, notamment le resserrement des ratios prix de vente/prix demandé et la réduction progressive de la durée de mise en vente observée ces derniers mois.

D’une année sur l’autre, l’indice des prix des propriétés MLS® composé, non corrigé des variations saisonnières, a reculé de 4,2 % par rapport à avril 2025. Cette baisse annuelle est toutefois la plus faible enregistrée depuis le début de 2026, ce qui laisse penser que le rythme de la correction pourrait ralentir.

À l’échelle régionale, les prix demeurent en baisse d’une année sur l’autre en Colombie-Britannique, en Alberta et en Ontario, ce qui continue de compenser les gains enregistrés dans les autres provinces.  Le prix moyen des logements à l’échelle nationale s’est établi à 695 412 dollars en avril 2026, soit une hausse de 2,2 % par rapport au même mois de l’année dernière.