Le marché immobilier canadien a conclu l’année 2025 sur une note plutôt calme, alors que les ventes et les prix ont légèrement reculé en décembre, selon l’Association canadienne de l’immobilier (l’ACI). Bien que le marché ait montré des signes de reprise à la mi-année, le mois de décembre a marqué une fin d’année plus modérée, les acheteurs demeurant prudents et les niveaux d’offre continuant de s’ajuster.
Les ventes résidentielles nationales enregistrées par les systèmes MLS® canadiens ont diminué de 2,7 % en décembre par rapport au mois précédent. Pour l’ensemble de l’année, 470 314 propriétés résidentielles ont été vendues, ce qui représente une baisse de 1,9 % par rapport à 2024.
« Il ne semble pas y avoir eu de raison précise expliquant la baisse mensuelle des ventes résidentielles en décembre, laquelle résulte simplement de ralentissements simultanés, mais apparemment indépendants, à Vancouver, Calgary, Edmonton et Montréal », a déclaré Shaun Cathcart, économiste principal à l’ACI, dans le rapport. « Pour cette raison, il serait prudent que les observateurs du marché évitent de tracer une ligne directe entre la fin de 2025 et 2026. Nous continuons plutôt de nous attendre à ce que les ventes repartent à la hausse à l’approche du printemps, renouant avec la tendance à la hausse observée au printemps, à l’été et au début de l’automne de l’an dernier. »
Les nouvelles inscriptions poursuivent leur recul
Les nouvelles inscriptions ont diminué de 2 % d’un mois à l’autre en décembre, marquant un quatrième recul mensuel consécutif. Comme les ventes ont légèrement plus diminué que l’offre nouvelle, le ratio national ventes/nouvelles inscriptions a fléchi à 52,3 %, comparativement à 52,7 % en novembre. Ce niveau demeure conforme aux moyennes à long terme, ce qui indique des conditions de marché équilibrées.
À la fin de l’année, on comptait 133 495 propriétés à vendre au Canada, une hausse de 7,4 % par rapport à décembre 2024, mais toujours 9,9 % sous la moyenne historique pour cette période de l’année. Les niveaux d’offre sont en baisse depuis mai, reflet du regain de la demande observé à la mi-année, et pourraient se resserrer davantage à l’approche du marché printanier de 2026.
Le nombre de mois d’inventaire à l’échelle nationale s’établissait à 4,5 en décembre, en légère hausse par rapport à 4,4, niveau auquel il se maintenait depuis août. La moyenne à long terme est de cinq mois ; un marché est généralement considéré à l’avantage des vendeurs sous le seuil de 3,6 mois, et à l’avantage des acheteurs au-delà de 6,4 mois.
Les prix enregistrent un léger recul
L’Indice des prix des propriétés MLS® (IPP MLS®) a reculé de 0,3 % en décembre par rapport à novembre, reproduisant la baisse observée le mois précédent. Ce fléchissement pourrait refléter certains ajustements de prix de fin d’année de la part des vendeurs souhaitant conclure des transactions avant 2026. La majeure partie de la pression à la baisse provient de la région du Golden Horseshoe élargi en Ontario.
Sur une base annuelle, l’IPP MLS® national non désaisonnalisé était en baisse de 4 % par rapport à décembre 2024. Les appartements en copropriété et les maisons en rangée ont affiché des reculs plus marqués, tandis que les maisons unifamiliales détachées d’un ou deux étages ont fait preuve d’une plus grande résilience.
Le prix moyen national d’une propriété en décembre s’est établi à 673 335 $, demeurant pratiquement inchangé par rapport à l’an dernier, avec un léger recul de seulement 0,1 %.
« Même si nous demeurons encore pour quelque temps dans une période plus calme de l’année, le marché printanier est désormais à nos portes et devrait bénéficier de quatre années de demande refoulée, ainsi que de taux d’intérêt qui sont, à ce stade-ci, à peu près aussi avantageux qu’ils peuvent l’être », a affirmé Valérie Paquin, présidente de l’ACI. « À moins de nouveaux événements majeurs générateurs d’incertitude, nous devrions assister à un marché plus actif cette année. »
Perspectives : prévisions 2026–2027
Les ventes résidentielles nationales devraient augmenter de 5,1 % en 2026 pour atteindre 494 512 transactions. La reprise devrait être généralisée à l’échelle du pays, bien que le rythme de croissance puisse varier d’une région à l’autre.
Le prix moyen national d’une propriété devrait progresser de 2,8 % en 2026 pour atteindre 698 881 $. Des hausses plus modérées sont prévues en Colombie-Britannique, en Alberta, en Ontario et en Nouvelle-Écosse. À l’inverse, la Saskatchewan, le Québec ainsi que Terre-Neuve-et-Labrador pourraient enregistrer une appréciation plus soutenue des prix, bien que plus modérée que les hausses de 6 % à 8 % observées en 2025. Dans ces marchés, la croissance des prix devrait se situer entre 3 % et 6 %.
En 2027, les ventes résidentielles devraient augmenter de 3,5 % supplémentaires pour atteindre 511 966 transactions. Les prix moyens devraient croître de 2,3 % pour s’établir à 714 991 $. La Saskatchewan et le Québec pourraient de nouveau mener la croissance des prix, tandis que la plupart des autres provinces devraient afficher des hausses modestes allant de 1 % à 2,5 %. Si cette tendance se maintient, il s’agirait de la septième année consécutive où le prix moyen national d’une propriété demeure près du seuil des 700 000 $.