Le marché immobilier printanier au Canada démarre sur des niveaux d’activité stables en mars : l’ACI
16 avril 2026
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Le marché immobilier canadien a entamé le printemps sur une note stable, quoique modérée. Selon les dernières données de l’Association canadienne de l’immobilier (ACI), l’activité en mars 2026 est restée pratiquement inchangée par rapport au mois précédent, ce qui indique une stabilisation du marché après plusieurs années de volatilité.
Les ventes d’habitations sur l’ensemble des réseaux MLS® canadiens sont restées pratiquement inchangées en mars 2026, n’enregistrant qu’une légère baisse de 0,1 % par rapport à février. Comparativement, les nouvelles inscriptions ont légèrement reculé de 0,2 %, maintenant une tendance d’offre limitée observée depuis la mi-2024.
À la fin du mois de mars, 167 524 biens immobiliers étaient mis en vente à travers le Canada. Ce chiffre n’est que de 1 % supérieur à celui de l’année dernière et reste inférieur de 10,6 % à la moyenne à long terme pour cette période de l’année. L’offre de logements est globalement en baisse depuis mai 2025, ce qui accentue le resserrement du marché.
« Les ventes immobilières sont restées à des niveaux bas en mars, car l’incertitude économique mondiale croissante, conjuguée à une hausse en milieu de mois des taux hypothécaires fixes liée à la perspective d’une inflation plus élevée, est venue s’ajouter à un début d’année économique déjà fragile », a déclaré Shaun Cathcart, économiste principal de l’ACI, dans le rapport. « On s’attend toujours à ce que 2026 connaisse une légère reprise des ventes et une stabilisation des prix, à mesure que la demande refoulée des premiers acheteurs se concrétise sur le marché, mais les prévisions pour l’année ont dû être revues à la baisse. Le moment choisi pour la hausse des taux hypothécaires, ainsi que l’impression qu’elle pourrait être temporaire, pourraient dissuader les acheteurs potentiels de se lancer pendant la période la plus active de l’année – avril, mai et juin – alors qu’ils attendent que les taux redescendent. »
Des conditions homogènes dans tout le pays
Le ratio national entre les ventes et les nouvelles inscriptions s’est établi à 47,8 % en mars. Bien que ce chiffre soit légèrement inférieur à la moyenne à long terme de 54,8 %, il reste dans la fourchette habituelle qui caractérise un marché équilibré.
Les niveaux d’offre de logements reflètent une situation similaire. À la fin du mois de mars, le Canada disposait d’une offre de logements correspondant à cinq mois, un chiffre inchangé par rapport au début de l’année et parfaitement conforme aux normes historiques. De manière générale, les marchés favorisent les vendeurs lorsque l’inventaire descend sous les 3,6 mois et basculent en faveur des acheteurs lorsqu’il dépasse les 6,4 mois. La situation actuelle se situe confortablement entre ces deux extrêmes.
« Même si la situation des taux d’intérêt a récemment évolué, ce qui pourrait constituer un défi pour un acheteur à la recherche d’un prêt hypothécaire à taux fixe peut également être perçu comme un choix plus large et une concurrence moindre pour ceux qui optent pour un taux variable », a déclaré Garry Bhaura, président de l’ACI pour 2026-2027. « Le printemps est généralement une période plus active de l’année pour le marché immobilier, même si elle n’est peut-être pas aussi animée que ce à quoi nous nous attendions il y a encore peu de temps. »
Les prix de l’immobilier continuent de se stabiliser
Les prix de l’immobilier ont connu une évolution modérée en mars, laissant entrevoir les premiers signes d’une stabilisation. L’indice composite national MLS® des prix de l’immobilier a reculé de 0,4 % par rapport à février. Bien qu’il s’agisse toujours d’une baisse, celle-ci est moins marquée que les baisses enregistrées en janvier et février, ce qui laisse penser que la chute des prix pourrait s’atténuer.
D’une année sur l’autre, l’indice a reculé de 4,7 % par rapport à mars 2025, ce qui représente une légère amélioration par rapport à la baisse annuelle de 4,8 % enregistrée le mois précédent. Ce ralentissement progressif de la baisse des prix s’accompagne d’un resserrement des rapports entre prix de vente et prix demandé, ainsi que d’une diminution du nombre de nouvelles annonces sur le marché.
L’évolution des prix continue de varier d’une région à l’autre du pays. La Colombie-Britannique, l’Alberta et l’Ontario ont enregistré des baisses d’une année sur l’autre, tandis que les hausses observées dans d’autres provinces ont contribué à compenser ces baisses à l’échelle nationale.
Le prix moyen national des logements, non corrigé des variations saisonnières, s’élevait à 673 084 dollars en mars 2026. Cela représente une légère baisse de 0,8 % par rapport au même mois de l’année dernière, ce qui témoigne d’un marché en phase d’ajustement, mais qui ne connaît pas de forte baisse.
L’ACI revoit à la baisse ses prévisions pour le marché immobilier en 2026
L’ACI a révisé ses prévisions concernant le marché immobilier, indiquant une reprise plus lente que prévu à court terme.
Alors que l’on s’attendait à ce que la demande refoulée – notamment de la part des premiers acheteurs – stimule l’activité, la hausse de l’inflation liée aux récentes flambées des prix du pétrole a assombri les perspectives. La hausse des rendements obligataires a entraîné une augmentation des taux hypothécaires fixes, incitant certains acheteurs à marquer une pause et à attendre que les coûts d’emprunt baissent.
En conséquence, l’ACI prévoit désormais que 474 972 logements changeront de mains en 2026, soit une légère hausse de 1 % par rapport à 2025. La Colombie-Britannique et l’Ontario devraient être les moteurs de cette croissance, tandis que l’activité dans les autres régions devrait rester stable ou connaître un léger ralentissement.
Le prix moyen des logements au niveau national devrait augmenter de 1,5 % pour atteindre 688 955 dollars en 2026, avec une croissance limitée en Colombie-Britannique, en Alberta et en Ontario, et des hausses modestes ailleurs.
D’ici 2027, les ventes de logements devraient augmenter de 2,1 % pour atteindre 485 071 unités, tandis que le prix moyen national devrait progresser légèrement de 0,9 % pour s’établir à 695 094 $. La hausse des prix devrait rester inférieure à l’inflation, maintenant ainsi la moyenne nationale aux alentours de la barre des 700 000 $.