Repenser les espaces de bureau dans un monde post-pandémique
27 avril 2026
10 mins. de lecture
Le retour au bureau est la tendance de l’heure sur le marché du travail, et la demande pour les espaces de bureau est forte. Pour le meilleur ou pour le pire, l’époque d’avant la pandémie est révolue. Ce qui fonctionnait hier en matière d’espace est désormais inadapté aux besoins actuels et futurs. Dans cette optique, les organisations qui optent pour un retour au bureau devraient le faire de manière réfléchie, en réévaluant continuellement leur espace de bureau pour s’adapter aux mutations de l’économie et de la main-d’œuvre.
Selon une enquête menée auprès des professionnels du marché immobilier commercial de Royal LePageMD à travers le pays dans le cadre du Rapport 2026 sur l’immobilier commercial de Royal LePage, 66 % des experts s’attendent à ce que la demande en espaces de bureaux augmente légèrement ou reste stable sur leur marché respectif en 2026. Cinq pour cent prévoient une augmentation significative de la demande. Par ailleurs, 42 % des experts s’attendent à ce que les taux d’inoccupation des bureaux diminuent sur leur marché cette année.
Les répercussions durables du passage au télétravail
Il y a six ans, le télétravail a été imposé du jour au lendemain par de nombreuses entreprises, ce qui a inévitablement rendu sa mise en place difficile. Comme les mesures de confinement liées à la pandémie se sont renforcées, les organisations ont été plongées dans une réalité nouvelle et souvent indésirable. Les équipes, qui étaient auparavant regroupées dans un même bureau, se sont retrouvées dispersées sur de nombreux sites, les employés travaillant depuis leur domicile et les responsables coordonnant le tout du mieux qu’ils pouvaient à l’aide de solutions technologiques apprises à la hâte. Pour beaucoup, cette transition a été brutale, s’effectuant sans le luxe d’une planification préalable.
L’expérience du télétravail imposé a été suivie par de nombreux modèles différents d’organisation hybride du travail, mais il est intéressant de noter que les avis divergent encore largement quant au modèle de travail le plus adapté à toutes les parties concernées. De nombreux employés apprécient pouvoir travailler depuis chez eux, tandis que d’autres affirment que cela les fait se sentir seuls ou isolés. Certains dirigeants de haut niveau se montrent méfiants à l’égard du travail hybride et n’hésitent pas à déclarer publiquement qu’ils pensent que ceux qui ne travaillent pas sous supervision dans un espace commun risquent de se relâcher. D’autres dirigeants ne partagent pas ce point de vue, mais sont convaincus que les équipes travaillent mieux lorsqu’elles peuvent se voir en personne. Il y a des considérations environnementales liées aux trajets domicile-travail, des questions sur la manière dont nous souhaitons développer nos centres-villes, et des interrogations sur ce que tout cela pourrait signifier pour le développement immobilier.
Concevoir des bureaux favorisant la collaboration et les interactions
Alors que le retour au travail en présentiel s’opère, le moment est venu de réfléchir à ce à quoi nous voulons que les espaces de bureau ressemblent, et de reconnaître que cela pourrait évoluer avec le temps. Pendant la pandémie, on a évoqué la nécessité future d’aménagements de type Starbucks ou salon d’aéroport, où les collègues pourraient se retrouver pour échanger des idées de manière informelle, allant et venant à leur guise sans postes de travail officiellement attribués. Dans la pratique, cela n’a pas toujours été facile à mettre en place, étant donné que les employés se rendaient parfois au bureau à des jours différents de la semaine, ce qui faisait que le café était souvent vide.
Déterminer le nombre de salles de réunion nécessaires et leur usage précis est un autre défi auquel beaucoup sont encore confrontés. L’objectif est-il de regarder ensemble un écran ? Avons-nous besoin de petits espaces pour des conversations en petit comité, ou de plus grands pour des séances de brainstorming ? Quel devrait être le rapport entre le nombre de salles de réunion et celui des espaces de travail individuels ? Même si tout le monde n’est pas présent au bureau le même jour, la réalité pour certaines organisations est qu’il est judicieux de disposer de plus d’espaces collaboratifs, ce qui, dans la pratique, signifie plus de mètres carrés, et non moins.
S’adapter à l’évolution des modèles d’espace de travail
Il est important de créer une atmosphère qui rende les employés heureux, ou du moins qui ne les rende pas malheureux, à l’idée de retourner travailler sur place, ce qui implique de faire les bons choix en matière d’aménagement de l’espace. Le débat opposant le « hot desking » à l’« hotelling » et aux postes de travail attitrés en est un bon exemple. Pendant des années, la norme consistait à attribuer à chacun son propre espace où il pouvait ranger sa tasse à café préférée dans un tiroir et accrocher des photos de ses enfants au-dessus de son poste de travail. Avec le travail hybride, en théorie, cette pratique a moins de sens, car il est inutile de réserver un espace pour quelqu’un qui pourrait être absent pendant plusieurs jours d’affilée. C’est ainsi qu’a été introduit le modèle du « hot desking » (premier arrivé, premier servi), ainsi qu’une variante appelée « hotelling », où les employés doivent réserver un bureau à l’avance. Cela semble tout à fait raisonnable, sauf que s’ils ne sont pas bien gérés, ces deux systèmes peuvent être source de stress et de mécontentement, ce qui a inévitablement un impact sur les performances professionnelles.
À plus long terme, des facteurs générationnels pourraient également avoir une incidence sur les besoins en espaces de bureau. L’une des raisons pour lesquelles les gens se rendent au bureau est qu’il s’agit d’un lieu confortable et efficace pour travailler. Une personne disposant d’une grande maison et d’un espace de travail à domicile pourrait ne pas voir l’intérêt de se rendre dans un bureau physique, tandis que celles qui vivent dans un petit appartement pourraient y trouver un avantage. À mesure que les baby-boomers et la génération X prendront leur retraite, la génération Z et la génération Alpha représenteront une part croissante de la population active, et leurs choix en matière de logement influenceront leur perception du travail en présentiel. De plus, il faudra de plus en plus tenir compte des enjeux climatiques lors de la conception des bureaux, ainsi que pour déterminer quelle distance de trajet est raisonnable compte tenu des considérations environnementales.
Construire des bureaux pour l’avenir
En fin de compte, toutes les entreprises souhaitent constituer les meilleures équipes possibles et optimiser leur productivité. Pour y parvenir, il est essentiel d’offrir à ces collaborateurs les meilleurs espaces de travail possibles, ce qui implique de prendre des décisions mûrement réfléchies concernant les bureaux. Les choix d’aujourd’hui ne sont pas forcément les meilleurs pour demain, et seules les entreprises qui en prennent conscience et qui sont prêtes à repenser en continu ce qui convient le mieux en matière d’espaces de travail réussiront.
Vous souhaitez en savoir plus sur les tendances du marché des bureaux au Canada ? Consultez le rapport sur l’immobilier commercial 2026 de Royal LePage pour obtenir davantage d’informations.