La croissance soutenue persiste dans un marché immobilier québécois diversifié.
Alors que les acheteurs font preuve de prudence ce printemps, les consommateurs s'orientent davantage vers les centres urbains et les biens immobiliers « clés en main ».
16 avril 2026
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Le printemps est traditionnellement la période la plus active de l’année pour le marché immobilier, mais en 2026, le climat a changé au Québec. L’époque des achats impulsifs et du rythme effréné de ces dernières années est révolue : le marché entre dans l’ère de l’acheteur réflexif.
Selon la dernière Étude sur le prix des maisons et les prévisions du marché de Royal LePageMD, le marché québécois démarre l’année en force, surtout par rapport au reste du Canada. Alors que les prix baissent à Toronto et à Vancouver, le Québec résiste bien. Cette vigueur ne se manifeste toutefois pas de manière uniforme dans toute la province. Aujourd’hui, le marché se caractérise par une dualité : certaines régions et certains types d’habitations sont bien plus recherchés que d’autres.
« Le premier trimestre de 2026 témoigne d’une transition importante vers un marché plus réfléchi », déclare Dominic St-Pierre, vice-président exécutif, Royal LePage. « Alors que nous observons un retour marqué vers les centres urbains et les propriétés de prestige, les acheteurs font preuve d’une prudence nouvelle. Cette dualité, où certains segments comme l’unifamilial affichent une vigueur soutenue tandis que d’autres, comme la copropriété urbaine, font face à un surplus d’inventaire, définit la trajectoire de ce début d’année. Le Québec continue de se distinguer par sa solidité, portée par une demande qui privilégie désormais la qualité et les produits clés en main. »
Le prix de l’agrégat1 d’une propriété dans la province de Québec a augmenté de 4,4 % au premier trimestre de 2026 pour atteindre $473,900 par rapport à la même période de l’année précédente. Sur une base trimestrielle, le prix de l’agrégat dans la province a enregistré une augmentation de 2,7 %. En ce qui concerne les différents types d’habitations, le prix médian d’une maison unifamiliale détachée au Québec a grimpé de 5,9 % sur un an pour s’élever à $517,400, tandis que celui d’un appartement en copropriété a enregistré une hausse plus modérée de 2,6 % pour atteindre $403,000 au cours de la même période.
Le marché québécois voit émerger une figure dominante : l’acheteur réflexif. Contrairement à la frénésie des années passées, les acquéreurs analysent désormais rigoureusement les coûts d’entretien et les rénovations nécessaires avant de s’engager.
« Nous assistons à une fin de l’achat impulsif », explique St-Pierre. « La hausse du coût de la vie et la sensibilité aux risques environnementaux ont modifié les priorités des acheteurs. Une propriété “clé en main” commande désormais une prime sur le prix, tandis que celles nécessitant des travaux majeurs trouvent preneur plus difficilement. Cette sélectivité est particulièrement visible dans des marchés comme Québec et Gatineau, où la discipline financière remplace désormais l’urgence. »
À l’échelle du Canada, le prix de l’agrégat d’une propriété a diminué de 2,0 % d’une année sur l’autre au premier trimestre de 2026, s’établissant à 812 900 $. Sur les principaux marchés du pays, le prix de l’agrégat à Toronto et Vancouver a respectivement enregistré une baisse de 4,7 % et de 4,5 %, illustrant une nouvelle fois des tendances divergentes par rapport à la croissance observée dans plusieurs régions du Québec.
Une croissance des prix est anticipée ce printemps, soutenue par le manque d’inventaire dans l’unifamilial
En pleine période printanière, Royal LePage anticipe que le manque d’inventaire dans le segment unifamilial continuera de soutenir l’augmentation des prix à l’échelle de la province. La stabilité économique du Québec, protégée par des secteurs piliers, comme la fonction publique à Québec et Gatineau ou la diversité industrielle à Montréal, assurera la stabilité du marché immobilier.
« Nous prévoyons un printemps actif, mais nuancé », conclut St-Pierre. « Les vendeurs de propriétés unifamiliales de qualité resteront en position de force, tandis que les acheteurs de condos bénéficieront d’un marché plus clément dans les secteurs où l’inventaire est plus abondant. Cette normalisation vers un marché plus équilibré est un signe de santé pour l’écosystème immobilier québécois. »
Faits saillants du 1e trimestre :
- Au premier trimestre de 2026, le prix de l’agrégat dans le Grand Montréal a augmenté de 3,3 % sur un an pour atteindre 645 800 $, porté par le retour marqué du luxe et une dualité de l’inventaire entre l’unifamiliale et les copropriétés du centre-ville.
- La région de Québec a enregistré la performance la plus robuste de la province (et au niveau national) avec une hausse annuelle du prix de l’agrégat de 10,7 % pour s’établir à 475 300 $, confirmant l’attractivité de la capitale malgré une transition vers un marché plus réfléchi et discipliné.
- Les marchés de Sherbrooke, Trois-Rivières et Gatineau ont affiché des trajectoires variées, avec une croissance annuelle de 7,0 % à Sherbrooke soutenue par la migration interrégionale, tandis que le retour des négociations et de la prudence de la part des acheteurs a tempéré l’activité à Gatineau et Trois-Rivières.
1L’agrégat des prix est calculé à partir de la moyenne pondérée de la valeur médiane de tous les types de propriétés étudiés. Les prix provinciaux ont été mis à jour pour inclure toutes les régions de la province et peuvent par conséquent différer des rapports précédents. Les données sont fournies par RPS Solutions pour propriétés résidentielles et comprennent les transactions du marché de la revente ainsi que les nouvelles constructions.