Lors de sa quatrième annonce prévue pour 2026, la Banque du Canada a maintenu le taux cible du financement à un jour à 2,25 %. Il s’agit du cinquième statu quo consécutif des taux d’intérêt depuis octobre dernier.

Alors que le conflit au Moyen-Orient se poursuit, la hausse des prix de l’énergie et les tensions persistantes sur les chaînes d’approvisionnement contribuent à l’aggravation de l’inflation, même si l’économie canadienne reste au ralenti. Bien que les taux d’emploi soient restés relativement stables, la croissance économique s’est affaiblie et l’incertitude entourant la politique commerciale des États-Unis persiste, autant de facteurs qui ont influencé la décision de la Banque de maintenir son taux directeur à son niveau actuel ce mois-ci. 

«Depuis notre décision d’avril, l’impact économique du conflit au Moyen-Orient s’est amplifié. La hausse des prix de l’énergie et les perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales pèsent sur la croissance mondiale et font monter l’inflation. En même temps, l’administration américaine continue de proposer de nouveaux droits de douane, et l’incertitude entourant les politiques commerciales demeure élevée», a déclaré Tiff Macklem, gouverneur de la Banque du Canada, lors d’une conférence de presse avec les journalistes à la suite de cette annonce. «Dans ce contexte, l’économie canadienne est restée au ralenti, et l’inflation a augmenté. La politique monétaire demeure centrée sur le même objectif : empêcher que la hausse des prix de l’énergie se transforme en inflation persistante, tout en aidant l’économie à s’ajuster aux vents contraires. Nous sommes déterminés à maintenir l’inflation à un niveau bas et stable au fil du temps.»

«La combinaison d’un ralentissement économique et d’une montée de l’inflation pose un dilemme pour la politique monétaire. D’un côté, augmenter les taux pour freiner l’inflation risquerait d’affaiblir davantage l’économie. De l’autre, les baisser pour soutenir la croissance accentuerait le risque que l’inflation élevée devienne persistante. Pour le moment, maintenir le taux directeur inchangé permet d’équilibrer ces risques.»

L’économie canadienne est tiraillée entre des pressions contradictoires. Statistique Canada a indiqué que le PIB s’était contracté de 0,1 % en rythme annualisé au premier trimestre 2026, confirmant ainsi une récession technique. Parallèlement, l’inflation a légèrement augmenté ; l’indice des prix à la consommation (IPC) a progressé de 2,8 % en glissement annuel en avril, contre 2,4 % en mars, principalement en raison de la hausse des prix de l’essence. Cette hausse reflète à la fois les tensions géopolitiques persistantes et un effet de base par rapport à avril 2025, lorsque la suppression de la taxe fédérale sur le carbone avait temporairement fait baisser les coûts du carburant. Parallèlement, le marché du travail a fait preuve d’une certaine résilience, le taux de chômage ayant reculé à 6,6 % en mai.


La stabilité des coûts d’emprunt soutient la reprise progressive du marché

Le taux directeur restant stable, les acheteurs qui se lancent sur le marché peuvent le faire en ayant une idée plus précise du coût de leur emprunt. Les taux hypothécaires variables resteront prévisibles à court terme, ce qui élimine une source d’incertitude dans la décision d’achat. Pour ceux qui attendaient en retrait, cette stabilité – même en l’absence de baisse des taux – pourrait suffire à les inciter à passer à l’action.

« La Banque du Canada se trouve confrontée à des signaux économiques contradictoires. D’une part, le rapport sur l’emploi du mois de mai a fait état d’une création étonnamment forte de 156 000 nouveaux emplois à temps plein. D’autre part, le Canada est désormais entré en récession technique après deux trimestres consécutifs de contraction économique. Ajoutez à cela l’incertitude entourant la révision en cours de l’ACEUM, qui continue de peser sur la confiance des consommateurs et des entreprises, et la décision de la Banque de maintenir ses taux devient plus facile à comprendre », a déclaré Phil Soper, président et chef de la direction de Royal LePageMD. 

« La situation actuelle du marché immobilier canadien présente toutefois des aspects positifs. La stabilité des coûts d’emprunt contribue à redonner confiance aux acheteurs, et nous commençons à observer une reprise des ventes dans de nombreuses régions du pays. À condition que la conjoncture économique générale ne se détériore pas davantage, nous prévoyons que la reprise s’accentuera au cours du second semestre. »

Selon l’étude sur les prix de l’immobilier et les prévisions du marché de Royal LePage, le prix de l’agrégat1 d’une maison au Canada a baissé de 2,0 % par rapport à la même période de l’année précédente pour s’établir à 812 900 $ au premier trimestre 2026. D’un trimestre à l’autre, toutefois, le prix moyen national des maisons est resté relativement stable, n’augmentant que de 0,7 %.

La Banque du Canada annoncera sa prochaine décision en matière de taux d’intérêt le 15 juillet 2026. 

Lisez le rapport complet du 10 juin ici. Vous souhaitez en savoir plus sur le fonctionnement du taux de financement à un jour ? Lisez notre article explicatif sur la manière dont la Banque du Canada utilise cet outil financier.


1L’agrégat des prix est calculé à partir de la moyenne pondérée de la valeur médiane de tous les types de propriétés étudiés. Les données sont fournies par RPS Solutions pour propriétés résidentielles et comprennent les transactions du marché de la revente ainsi que les nouvelles constructions.