Après un démarrage lent marqué par un hiver prolongé et des inquiétudes économiques persistantes, le marché immobilier canadien a commencé à se redresser au printemps, en mai, et cette dynamique s’est poursuivie en juin. Les acheteurs qui s’étaient tenus à l’écart ont recommencé à se montrer actifs, encouragés par la stabilisation des coûts d’emprunt et une offre suffisante de biens immobiliers sur de nombreux marchés. Bien que l’activité reste inférieure aux niveaux saisonniers habituels dans certaines régions, la reprise observée à la fin du printemps a donné le ton pour un second semestre plus optimiste et a préparé le marché à un automne plus dynamique.

Selon l’Étude sur le prix des maisons de Royal LePageMD et les prévisions du marché publiées aujourd’hui, le prix de l’agrégat1 d’une propriété au Canada a diminué de 1,4 % par rapport à la même période de 2025, atteignant 814 900 $ au cours du deuxième trimestre de 2026. Sur une base trimestrielle, le prix de l’agrégat national est toutefois demeuré stable, n’augmentant que de 0,2 %.

« Après un premier trimestre plutôt lent, le marché printanier du logement s’est activé en mai. Dans plusieurs régions, nous observons que ce regain de dynamisme se poursuit cet été, alors que les acheteurs qui avaient choisi de patienter réintègrent le marché », mentionne Phil Soper, président et chef de la direction, Royal LePage. « Dans plusieurs cas, ce n’est pas le manque d’intérêt qui pousse les consommateurs à se tenir à l’écart du marché, mais bien un manque d’urgence. Dans les marchés où l’inventaire demeure élevé, les acheteurs ont la possibilité de prendre leur temps, poursuivant leurs recherches à leur rythme jusqu’à ce qu’ils trouvent la bonne propriété. Cette approche mesurée est renforcée par un contexte d’incertitude économique persistante qui, pour plusieurs Canadiens, continue d’influencer la manière et le moment de passer à l’action. »

En mai, l’indice des prix à la consommation (IPC) au Canada a augmenté de 3,2 % par rapport à la même période de 2025 et de 2,8 % par rapport à avril,2 soit la plus importante hausse depuis janvier 2024. Cette accélération est largement due à la hausse des prix de l’énergie, qui continuent de refléter les répercussions des hostilités au Moyen-Orient. Or, Tiff Macklem, gouverneur de la Banque du Canada, a indiqué en juin que les pressions inflationnistes ne se sont pas généralisées au point de laisser présager une hausse plus large de l’inflation générale.3 Le taux directeur de la Banque du Canada est stable à 2,25 %, et ce, depuis octobre 2025.

« Si la hausse de l’inflation se généralisait, la Banque pourrait être contrainte à augmenter à nouveau les taux, dit Soper. Cependant, nos experts régionaux nous disent qu’une légère hausse des taux ne devrait pas susciter d’inquiétude. Nous ne sommes plus dans le contexte de l’après-pandémie, époque où des augmentations rapides et massives avaient provoqué une onde de choc sur le marché. Ces jours-ci, les acheteurs pensent stratégiquement. Ils évaluent les risques élargis en ce qui a trait à leur emploi et à l’économie, plutôt que de réagir aux hausses progressives des taux. »

L’écart de prix entre les villes les plus chères et les moins chères se réduit

L’Étude sur le prix des maisons et les prévisions du marché de Royal LePage est produite en utilisant des données exclusives sur les propriétés à l’échelle nationale et régionale provenant de 65 des plus grands marchés immobiliers du pays. Un examen du marché par type de propriété indique qu’à l’échelle nationale, le prix médian d’une maison unifamiliale détachée a diminué de 0,9 % par rapport à 2025 pour atteindre 862 400 $, tandis que celui d’un appartement en copropriété a affiché une baisse de 2,9 % pour s’établir à 574 800 $. Sur une base trimestrielle, le prix médian d’une maison unifamiliale détachée a légèrement augmenté de 0,6 %, tandis que celui d’un appartement en copropriété a diminué de 0,5 %. Les données sur les prix, qui comprennent à la fois les reventes et les constructions neuves, sont fournies par RPS Solutions pour propriétés résidentielles, une entreprise d’évaluation canadienne de premier plan.

Au cours du deuxième trimestre, par rapport à la même période de 2025, le prix de l’agrégat d’une propriété a diminué de 4,5 % dans la région du Grand Vancouver, alors qu’il a fléchi de 4,6 % dans la région du Grand Toronto, et ce, malgré le fait que, dans cette région, les prix affichent une légère hausse sur une base mensuelle depuis le début de l’année. Ailleurs au pays, l’offre limitée continue d’exercer une pression à la hausse sur le prix des propriétés.

« Au Canada, l’écart de prix entre les marchés les plus chers et les marchés les plus abordables continue de se rétrécir. La baisse du prix des maisons dans nos plus grandes villes, qui sont aussi les plus chères, rend ces marchés plus accessibles, ouvrant ainsi la porte à des acheteurs qui, auparavant, n’avaient pas les moyens d’y acquérir une propriété. Parallèlement, dans les marchés secondaires, qui n’ont pas subi de hausses drastiques des prix durant la pandémie suivies de fortes baisses, le prix des maisons a continué d’enregistrer des hausses régulières », ajoute Soper. « Pour les nouveaux arrivants au Canada et les acheteurs d’une première maison vivant dans les régions du Lower Mainland en Colombie-Britannique ou du Greater Golden Horseshoe en Ontario, l’équation est en train de changer. En perspective, cela pourrait se traduire par une baisse de la migration interprovinciale par rapport à ce à quoi nous avons été habitués au cours de la présente décennie. »

La vague de renouvellements de prêts immobiliers liée à la pandémie touche à sa fin

Au Canada, les détenteurs de prêts hypothécaires arrivent au terme d’un cycle de renouvellement de plusieurs années caractérisé par les taux très bas de la période de la pandémie.

Au cours de la prochaine année, les derniers prêts hypothécaires à taux fixe d’une durée de cinq ans contractés pendant la pandémie arriveront à échéance et devront être renouvelés, ce qui représente environ 12 % de l’ensemble des prêts hypothécaires en cours, selon la Banque du Canada.4 En moyenne, ces emprunteurs peuvent s’attendre à ce que leurs versements mensuels augmentent de 15 %.

« L’affolement démesuré suscité par le renouvellement des prêts hypothécaires de la pandémie est pratiquement chose du passé, et la plupart des Canadiens ont traversé la tempête. D’ici le milieu de l’année prochaine, presque tous les emprunteurs faisant face à des hausses importantes de leurs versements auront renouvelé leur prêt. Même si la plupart d’entre eux seront en mesure de s’adapter à cette situation, un segment restreint de propriétaires feront toutefois face à des difficultés plus importantes, en particulier dans les marchés les plus chers où le prix des maisons a connu une baisse plus durable ces dernières années », précise Soper. 

« Cela dit, leur nombre est suffisamment faible pour que nous ne nous attendions pas à un impact important sur l’économie immobilière élargie. À l’échelle nationale, les taux de prêts hypothécaires en souffrance demeurent bas par rapport aux normes historiques, ce qui signifie que la plupart des emprunteurs ont su s’adapter à des versements plus élevés sans accumuler de retard et ont réussi à refinancer leur prêt. La hausse des revenus et la résilience du marché du travail continuent de favoriser les propriétaires. De plus, en raison des règles strictes régissant les tests de résistance appliqués aux prêts hypothécaires, les emprunteurs auraient été admissibles à un taux d’intérêt bien plus élevé que celui qu’ils ont effectivement payé lorsqu’ils ont contracté leur prêt. »

En date du quatrième trimestre de 2025, le taux national de prêts hypothécaires en souffrance au Canada était de 0,24 %.5

Faits saillants du deuxième trimestre:

  • Au deuxième trimestre de 2026, le prix de l’agrégat dans le Grand Montréal a augmenté de 4,9 % comparativement au même trimestre de 2025, s’établissant à 650 500 $.
  • La dynamique exceptionnelle observée à Québec commence à s’essouffler ; la région enregistre une baisse des prix d’un trimestre à l’autre pour la première fois depuis plus de trois ans. 
  • Royal LePage prévoit que le prix de l’agrégat d’une propriété au Canada augmentera de 2,0 % au quatrième trimestre de 2026 par rapport au même trimestre de 2025.

1L’agrégat des prix de Royal LePage est calculé en utilisant la moyenne pondérée de la valeur médiane de tous les types de propriétés étudiés. Les données sur les prix, qui comprennent la revente et les nouvelles constructions, sont fournies par RPS Solutions pour propriétés.

2Indice des prix à la consommation, mais 2026, Statistique Canada, 22 juin 2026

3Point de presse : Chambre de commerce France-Canada et Paris Europlace, Banque du Canada, 23 juin 2026

4Ménages, Rapport sur la stabilité financière – 2026, Banque du Canada, mai 2026

5Taux de prêts hypothécaires en souffrance, Canada, provinces, et RMR, Société canadienne d’hypothèques et de logement, 25 mars 2026