Le marché immobilier canadien a montré de nouveaux signes de reprise en juin : les ventes de propriétés à l’échelle nationale ont augmenté pour le troisième mois consécutif et les prix des propriétés se sont stabilisés après plus d’un an de baisse, selon les dernières données de l’Association canadienne de l’immobilier (ACI).

Les ventes de logements ont continué à progresser, tandis que le nombre de nouvelles annonces a baissé

Les ventes de propriété au niveau national ont légèrement progressé de 0,5 % entre mai et juin. Cette hausse fait suite à un bond de 5,5 % en mai et à une progression de 0,9 % en avril, ce qui place l’activité à environ 7 % au-dessus de son niveau de mars. La reprise a été portée par l’Ontario, tandis que la Colombie-Britannique a enregistré une hausse plus modérée et que les résultats ont été mitigés dans les autres régions du pays.

« Après un début d’année un peu lent, les ventes résidentielles ont repris en mai et ont continué sur leur lancée en juin. Presque tous les indicateurs évoluent dans la bonne direction, a déclaré Shaun Cathcart, économiste principal de l’ACI. Quant aux perspectives, les taux hypothécaires fixes ont reculé par rapport à leur sommet d’avril, et les hausses de taux de la Banque du Canada cette année semblent bien moins probables qu’il y a à peine un mois. C’est une bonne nouvelle pour les emprunteurs. De plus, les prix des propriétés ont cessé de baisser sur la plupart des marchés où ils étaient auparavant en recul, ce qui avait probablement incité de nombreux acheteurs à attendre avant de passer à l’action. Nous continuons donc à prévoir que le second semestre de cette année sera nettement plus dynamique que le premier, à l’image des ventes enregistrées en 2024 et 2025.  »

Le nombre de propriétés nouvellement mises en vente a baissé de 1,3 % entre mai et juin, enregistrant ainsi une deuxième baisse mensuelle consécutive.

Parallèlement à la hausse des ventes, le ratio national « ventes/nouvelles mises en vente » s’est resserré pour s’établir à 50,2 %, contre 49,3 % en mai. C’était la première fois cette année que cet indicateur repassait au-dessus de la barre des 50 %. Des valeurs comprises entre 45 % et 65 % correspondent généralement à un marché immobilier équilibré, la moyenne à long terme s’établissant à 54,8 %.

À la fin du mois de juin, 208 578 biens immobiliers étaient proposés à la vente sur l’ensemble des réseaux MLS® canadiens, soit une hausse de seulement 0,6 % par rapport à l’année précédente et un chiffre légèrement supérieur à la moyenne à long terme pour cette période de l’année. À l’échelle nationale, l’offre correspondait à 4,8 mois de stock, un chiffre inchangé par rapport au mois de mai et le niveau le plus bas enregistré jusqu’à présent en 2026.

Les prix de l’immobilier sont restés stables

L’indice national composite MLS® des prix immobiliers est resté stable entre mai et juin ; c’est la première fois depuis janvier 2025 que cet indice n’enregistre pas de baisse d’un mois à l’autre.

Par rapport à l’année précédente, l’indice a reculé de 3,6 %, ce qui représente la plus faible baisse annuelle depuis octobre dernier. Les prix restent inférieurs à ceux de l’année précédente en Colombie-Britannique, en Alberta et en Ontario, même si ces baisses continuent de s’atténuer à mesure que les prix se stabilisent. La Nouvelle-Écosse a enregistré sa première baisse annuelle des prix depuis plus de trois ans, dans un contexte de ralentissement de ce marché.

Le prix moyen des propriétés au niveau national s’élevait à 696 078 dollars en juin, soit une hausse de 0,5 % par rapport au même mois de l’année dernière.

« Depuis quelques mois, on assiste à un retour vers davantage de stabilité à la fois des taux d’intérêt et de la valeur des propriétés, parallèlement à une augmentation du nombre d’acheteurs sur le marché, a déclaré Garry Bhaura, président de l’ACI. Nous pourrions observer une brève interruption de cette tendance pendant que les Canadiens profitent de leur été, mais tout laisse présager une reprise du marché à l’automne. Tout reprend généralement de plus belle après la fête du Travail, ce qui laisse aux acheteurs et aux vendeurs un peu de temps pour se renseigner, établir un plan et préparer leur propriété à la mise en vente. Comme toujours, la première étape consiste à contacter un courtier ou agent immobilier dans votre région.»

L’ACI a actualisé ses prévisions pour 2026 et 2027

Parallèlement aux chiffres du mois de juin, l’ACI a révisé ses prévisions concernant les ventes immobilières et l’évolution des prix jusqu’en 2027.

Les taux hypothécaires fixes ont bondi fin mars en raison des craintes inflationnistes liées à la hausse des prix du pétrole, mais ils se sont depuis partiellement stabilisés. Les hausses de taux envisagées par la Banque du Canada cette année ont été en grande partie écartées, ce qui constitue une bonne nouvelle tant pour les emprunteurs à taux fixe que pour ceux à taux variable.

On prévoit que quelque 463 336 biens immobiliers résidentiels changeront de mains en 2026, soit une baisse de 1,4 % par rapport à 2025. Cette légère révision à la baisse reflète un premier semestre morose et un ralentissement plus rapide que prévu dans les régions confrontées à une croissance démographique en baisse et à des pénuries d’offre de longue date, notamment au Québec et sur la côte Est. L’Ontario est désormais la seule province pour laquelle on prévoit une hausse des ventes annuelles en 2026.

On s’attend toujours à ce que le second semestre soit plus dynamique, à l’image de ce qui s’est produit en 2024 et 2025.

Le prix moyen des propriétés à l’échelle nationale devrait augmenter de 1,1 % pour atteindre 686 710 dollars en 2026. L’Alberta se démarque en matière de prix, ceux-ci ayant repris leur ascension au deuxième trimestre, tandis que Terre-Neuve-et-Labrador reste la seule province du pays où le marché est entièrement favorable aux vendeurs.

En 2027, les ventes de propriétés à l’échelle nationale devraient progresser de 3,7 % pour atteindre 480 567 unités, soutenues par une croissance économique lente mais positive, des taux d’intérêt stables et des prix de l’immobilier stables ou en légère hausse dans la plupart des régions. Le prix moyen national d’une propriété devrait atteindre 694 164 dollars, ce qui marquera la sixième et la septième année consécutives où cet indicateur se maintiendra aux alentours de la barre des 700 000 dollars.