La dernière vague de renouvellements de prêts hypothécaires contractés durant la pandémie approche, marquant la fin d’une époque caractérisée par des coûts d’emprunt exceptionnellement bas. Bien que les taux hypothécaires aient diminué par rapport aux sommets atteints en 2023, de nombreux propriétaires qui renouvellent leur prêt aujourd’hui devront tout de même composer avec des paiements mensuels plus élevés que lorsqu’ils ont initialement contracté leur prêt hypothécaire. Il n’est donc pas surprenant que, pour certains, le renouvellement fasse ressurgir un sentiment d’incertitude financière.

Selon un récent sondage de Royal LePage, mené par Burson,1 38 % des Canadiens détenteurs d’un prêt hypothécaire sur leur résidence principale prévoient une hausse de leurs mensualités au renouvellement, 26 % anticipent une légère hausse et 12 % s’attendent à une hausse considérable. Si plusieurs emprunteurs anticipent des coûts plus élevés, leurs inquiétudes se sont néanmoins atténuées depuis le début de 2025, alors qu’une majorité de détenteurs d’un prêt arrivant à échéance (57 %) s’attendaient à une augmentation de leurs mensualités.2 À l’échelle nationale, 31 % des personnes interrogées prévoient aujourd’hui que leurs versements hypothécaires resteront à peu près les mêmes, tandis que 17 % s’attendent à une baisse.

Les propriétaires ayant renouvelé la dernière fois leur prêt hypothécaire alors que les taux d’intérêt étaient historiquement bas sont plus susceptibles de s’attendre à une hausse de leurs mensualités lors du prochain renouvellement de leur prêt. Le taux directeur de la Banque du Canada était de 0,25 % en 2021 avant qu’il n’atteigne 4,25 % à la fin de 2022.

« L’ère des taux ultra-bas déclenchée par la pandémie a pris fin abruptement au début de 2022, après avoir duré moins de deux ans. Si bon nombre de Canadiens ayant obtenu des taux historiquement bas durant cette période ont déjà renouvelé leur prêt, le dernier grand groupe de détenteurs de ces taux planchers arrive maintenant à échéance et leur inquiétude est, somme toute, compréhensible », affirme Phil Soper, président et chef de la direction, Royal LePage.

« Dans les faits, nous constatons que les familles arrivent à gérer cette transition. Les taux d’emprunt ont nettement reculé par rapport à leurs sommets post-pandémiques, tandis que les salaires ont continué d’augmenter. Même si certains ménages ajustent leurs dépenses discrétionnaires pour absorber la hausse de leurs mensualités hypothécaires, la crise généralisée des défauts de paiement que plusieurs redoutaient ne s’est tout simplement pas concrétisée, ce qui témoigne en grande partie de la rigueur des normes de prêt au Canada. »

Malgré la marge de sécurité prévue par le test de résistance, l’anxiété liée au renouvellement persiste

Lorsqu’on leur demande ce qu’ils ressentent à l’approche du renouvellement de leur prêt hypothécaire comparativement au dernier renouvellement, 43 % des personnes interrogées disent se sentir à peu près comme la dernière fois, et environ un tiers (35 %) d’entre elles disent se sentir plus anxieuses. Ce sentiment d’anxiété est plus présent chez les propriétaires qui ont renouvelé leur prêt en 2021 ou 2022. 

« L’anxiété est concentrée exactement là où on pouvait s’y attendre, chez les propriétaires qui ont acheté ou refinancé leur propriété alors que le taux directeur se situait à 0,25 % », indique Soper. « Logiquement, personne ne s’attendait à ce que les taux restent aussi bas indéfiniment, mais savoir qu’une hausse s’en vient et en voir concrètement l’impact sur ses mensualités sont deux choses bien différentes. Fait important, la grande majorité de ces emprunteurs de 2021 ont passé le test de résistance à des taux avoisinant 5 % ou plus. Ils se dirigent donc vers un contexte de taux qu’ils ont déjà prouvé être en mesure de gérer. »

En vertu des règles fédérales en matière d’évaluation d’admissibilité à un prêt hypothécaire, les emprunteurs doivent démontrer qu’ils peuvent effectuer des paiements à un taux d’intérêt plus élevé que celui que leur offre leur prêteur. De nos jours, les acheteurs doivent être admissibles au taux le plus élevé entre le taux d’intérêt de leur prêteur, plus 2 % ou 5,25 %.3 Par conséquent, les propriétaires qui ont acheté leur maison en 2021 devaient être admissibles à un taux minimal de 5,25 %, un taux plus élevé que la plupart des taux fixes d’une durée de cinq ans proposés aujourd’hui. 

La hausse des coûts ne provoque pas la vague de renouvellements hypothécaires redoutée

Malgré la perspective d’une hausse de leurs versements hypothécaires, la plupart des propriétaires n’ont pas l’intention de changer leurs conditions de logement. Lorsqu’on leur demande s’ils envisagent de prendre des mesures pour réduire leurs coûts de logement au moment du renouvellement de leur prêt hypothécaire, 71 % des emprunteurs répondent que non. Parmi les 22 % qui envisagent un changement, 7 % prévoient de déménager dans une région plus abordable, tandis que 5 % considèrent de louer une partie de leur maison pour compenser les coûts hypothécaires. Un autre 5 % des personnes interrogées déclarent envisager de déménager dans un logement plus petit. 

« À l’approche du renouvellement de leur prêt hypothécaire, la plupart des propriétaires cherchent à déterminer comment intégrer des mensualités plus élevées dans leur budget, et non s’ils doivent garder leur maison ou la vendre », conclut Soper. « L’accession à la propriété demeure une priorité absolue pour les Canadiens et, alors que les derniers prêts hypothécaires contractés pendant la pandémie arrivent à échéance, nous nous attendons à ce que cela reste le cas. C’est la principale raison pour laquelle ce cycle n’a pas, jusqu’à présent, entraîné les perturbations que plusieurs avaient prédites. »

« Pour la plupart des propriétaires dont l’hypothèque arrive à renouvellement, la question n’est pas de savoir s’ils peuvent se permettre de garder leur maison, mais bien comment adapter leur budget à des versements plus élevés », a conclu Soper. « La propriété résidentielle demeure une priorité profondément ancrée chez les Canadiens, et alors que ce dernier groupe d’hypothèques de l’ère pandémique arrive à renouvellement, rien ne laisse croire que cela soit en train de changer. »

Autres faits saillants du communiqué :

  • 76 % des répondants qui anticipent une hausse de leurs versements hypothécaires estiment que cela exercera une pression sur le budget de leur ménage.
  • 70 % des détenteurs de prêt hypothécaire détiennent actuellement un prêt à taux fixe, tandis que 29 % détiennent un prêt à taux variable
  • La Saskatchewan et le Manitoba comptent la plus forte proportion de répondants qui s’attendent à une hausse de leurs versements hypothécaires mensuels lors du renouvellement de leur prêt.
  • 45 % des répondants à Vancouver et 39 % à Toronto affirment se sentir plus anxieux qu’au moment de leur dernier renouvellement, des proportions supérieures à la moyenne nationale (35 %).

1Burson a utilisé le panel en ligne Léger Opinion pour sonder 1127 Canadiens âgés de 18 ou plus devant renouveler leur prêt hypothécaire. Le sondage a été mené entre le 20 juillet et le 6 août 2026. Consultez la méthode pour obtenir plus d’informations.

2 Sondage sur le renouvellement d’un prêt hypothécaire mené par Royal LePage en 2025, 20 février 2025

3Taux admissible minimal pour les prêts hypothécaires non assurés, Bureau du surintendant des institutions financières, janvier 2026