L’amour générationnel de la vie de chalet propulse la croissance des marchés récréatifs au Québec
Royal LePage prévoit une augmentation de 4,0 % du prix médian des maisons unifamiliales dans les régions récréatives du Québec en 2026.
26 mars 2026
8 mins. de lecture
Le marché des propriétés récréatives au Québec continue de faire preuve d’une grande résilience. Alors même que les consommateurs demeurent prudents face à l’incertitude économique et politique, l’inventaire limité dans ce segment, combiné à une demande constante, devrait maintenir une pression à la hausse sur la valeur des propriétés au cours de l’année à venir.
Selon le Rapport 2026 sur les propriétés récréatives de printemps de Royal LePageMD, les prix des résidences de villégiature au Québec devraient augmenter de 4,0 % en 20261 pour atteindre un prix médian de 484 328 $. Cette croissance est alimentée par un virage marqué vers l’investissement dans les paysages québécois au détriment des voyages transfrontaliers. Alors que 42 % des experts en immobilier récréatif au Québec observent une forte hausse de la demande locale, et que les baby-boomers transforment leurs refuges familiaux en résidences permanentes, le marché demeure remarquablement robuste. Une pénurie structurelle de l’offre garantit que notre patrimoine naturel demeure un sanctuaire stable et hautement convoité pour les générations à venir.
La demande soutenue des acheteurs va au-delà des chiffres ; elle reflète l’importance que les Canadiens accordent à la beauté naturelle disponible dans leur propre cour. Des rives escarpées du Saint-Laurent aux forêts paisibles des Laurentides, l’attrait d’une évasion en plein air reste puissant.
« Bien que le contexte mondial actuel incite certains acheteurs à la prudence, le marché récréatif québécois demeure extrêmement résilient en raison d’une offre structurellement limitée », souligne Dominic St-Pierre, vice-président exécutif, développement des affaires, Royal LePage.
La vigueur constante de la villégiature québécoise
À l’échelle provinciale, le prix médian pondéré2 d’une maison unifamiliale dans les principaux marchés récréatifs du Québec a grimpé de 7,3 % en 2025 par rapport à 2024, atteignant 465 700 $. Au cours de la même période, les propriétés au bord de l’eau ont connu une hausse de 2,4 % (545 600 $), tandis que les copropriétés ont progressé de 5,8 % (378 700 $). La hausse plus marquée dans les segments plus abordables (non riveraines) suggère une vague de nouveaux acheteurs cherchant à s’établir dans la campagne québécoise.
« L’achat d’une propriété de villégiature est avant tout un choix de style de vie, et la rareté de nouveaux développements dans des secteurs prisés, comme les Laurentides, l’Estrie ou Charlevoix maintient une pression constante sur les prix », ajoute St.-Pierre. « Un autre facteur qui explique la limite d’inventaire est le désir de conserver les propriétés récréatives précieusement dans les familles de génération en génération. Cela crée de la rareté, préserve l’exclusivité du marché et soutient la valeur des propriétés, même en période d’incertitude économique. »
Les vacanciers québécois privilégient de plus en plus les destinations nationales
Dans un contexte de tensions économiques et politiques persistantes avec les États-Unis, de nombreux Canadiens continuent de répondre aux tarifs douaniers et à la rhétorique du « 51e État » avec leur portefeuille, réorientant leurs dépenses vers les produits, services et lieux de vacances locaux. Les voyages des Canadiens vers les États-Unis continuent de diminuer — selon Statistique Canada, les voyages de retour des États-Unis ont baissé de 14,5 % en février 2026 par rapport au même mois en 2025.3
St-Pierre souligne que de nombreux voyageurs locaux planifient de plus en plus leurs vacances au nord de la frontière, privilégiant des destinations d’ici où ils peuvent éviter les fluctuations des taux de change et les tensions géopolitiques.
Selon un récent sondage de Royal LePage mené par Burson,4 plus de la moitié (54 %) des Canadiens possédant actuellement une propriété résidentielle aux États-Unis affirment avoir l’intention de vendre au cours de l’année prochaine. Parmi eux, une majorité (62 %) cite l’administration politique actuelle comme raison principale. Lorsqu’on leur demande s’ils prévoient réinvestir le profit de la vente de leur maison américaine dans le marché immobilier canadien, près d’un tiers (32 %) des répondants ayant récemment vendu ou prévoyant de vendre l’an prochain ont répondu « oui ».
Vers une vie rurale permanente
Le profil démographique des acheteurs sur le marché récréatif québécois évolue constamment, marqué par un intérêt croissant pour les résidences permanentes plutôt que pour de simples maisons de vacances saisonnières. Cette tendance est évidente dans les Laurentides, l’Estrie et la Gaspésie, où une convergence de baby-boomers, de préretraités et de télétravailleurs redessine tranquillement le paysage régional en s’y installant de façon plus durable.
St-Pierre continue « Cette demande est soutenue par une dualité de profils, allant des citadins en quête d’un refuge occasionnel aux ménages qui considèrent désormais le chalet comme un pilier de leur mode de vie et une valeur refuge pour leur patrimoine familial. Cette tendance est renforcée par l’arrivée de professionnels hybrides qui recherchent des propriétés alliant une connectivité technologique fiable à la sérénité des espaces naturels. »
En somme, le marché récréatif du Québec est stimulé par un désir d’investissement à long terme et de durabilité, transformant progressivement les marchés de chalets traditionnels en communautés accueillantes tout au long de l’année.
Pour en savoir plus sur les 17 marchés récréatifs du rapport, cliquez ici:
Pour obtenir un aperçu des marchés récréatifs à l’échelle du Canada, cliquez ici:
1Les prévisions de Royal LePage sont basées sur un modèle pondéré utilisant les ventes dans chaque région.
2Les prix médians pondérés provinciaux de Royal LePage sont basés sur un modèle pondéré utilisant les ventes dans chaque région.
3Indicateur avancé des arrivées internationales au Canada, février 2026, Statistiques Canada, le 10 mars 2026
4Les tensions politiques incitent les Canadiens à vendre leurs propriétés aux États-Unis ; plusieurs prévoient de réinvestir dans l’immobilier national, Royal LePage, août 2025