Une reprise à la fin du printemps a laissé entrevoir des signes encourageants d’amélioration sur le marché immobilier canadien, après un début d’année plus lent. Toutefois, l’impasse dans les négociations commerciales et l’incertitude économique persistante ont continué de peser sur la confiance des acheteurs tout au long de l’été. De nombreux acheteurs potentiels sont ainsi restés en retrait, ce qui a freiné l’activité de vente. Ces conditions se sont prolongées à l’automne et ont contribué à un démarrage plus lent de ce qui constitue habituellement l’une des périodes les plus achalandées de l’année en immobilier.

Selon l’Étude sur le prix des maisons de Royal LePageMD et les prévisions du marché, le prix de l’agrégat1 d’une propriété au Canada a légèrement diminué de 0,8 % par rapport à la même période de 2025, atteignant 810 000 $ au cours du troisième trimestre de 2026. Sur une base trimestrielle, le prix de l’agrégat national a affiché une baisse de 0,6 %.

« Au cours des trois derniers mois, le marché immobilier canadien a fait du surplace. Les prix des propriétés sont restés pratiquement inchangés et le volume des ventes à l’échelle nationale est en voie de terminer l’année 2026 légèrement sous le rythme pourtant déjà lent de 2025 », a déclaré Phil Soper, président et chef de la direction, Royal LePage. « L’automne, deuxième saison la plus achalandée de l’année, insuffle habituellement un regain d’énergie au marché. Cette année, l’incertitude économique et la crainte d’une hausse marquée des taux hypothécaires incitent les acheteurs potentiels à rester en retrait. »

« Avec un plus grand choix de propriétés et peu de pression pour agir rapidement, les acheteurs peuvent se permettre d’attendre, et l’incertitude leur donne une raison de le faire. Pourtant, ils bénéficient aujourd’hui d’avantages difficilement imaginables pendant la frénésie de la pandémie. Les prix ont reculé par rapport à leurs sommets dans la plupart des marchés. Une offre plus abondante donne aussi aux acheteurs plus de temps, plus de choix et un meilleur pouvoir de négociation. Pendant des années, la rareté de l’inventaire a forcé les acheteurs à se livrer une concurrence féroce. Le marché actuel leur permet maintenant d’être sélectifs. Les occasions sont au rendez-vous, mais la confiance nécessaire pour passer à l’action se fait toujours attendre. »

L’Étude sur le prix des maisons et les prévisions du marché de Royal LePage est produite en utilisant des données exclusives sur les propriétés à l’échelle nationale et régionale provenant de 65 des plus grands marchés immobiliers du pays. Un examen du marché par type de propriété indique qu’à l’échelle nationale, le prix médian d’une maison unifamiliale détachée a diminué de 0,5 % par rapport à 2025 pour atteindre 856 500 $, tandis que celui d’un appartement en copropriété a affiché une baisse de 1,5 % pour s’établir à 571 900 $. Les données sur les prix, qui comprennent à la fois les reventes et les constructions neuves, sont fournies par RPS Solutions pour propriétés résidentielles, une entreprise d’évaluation canadienne de premier plan.

Les tensions commerciales pèsent sur le marché estival

L’anxiété et l’incertitude généralisées entourant les tensions commerciales persistantes avec les États-Unis continuent de freiner la confiance envers l’économie et, par le fait même, envers le marché immobilier canadien.

« Les turbulences économiques mondiales et l’escalade des tensions commerciales avec nos voisins du Sud continuent de peser sur le moral des acheteurs », a déclaré Soper. « La confiance des Canadiens à l’égard de l’achat et de la vente d’une propriété est évidemment étroitement liée à la stabilité perçue de la relation entre le pays et son plus proche partenaire commercial. Pour de nombreux acheteurs, l’hésitation tient moins à ce qu’ils peuvent se permettre aujourd’hui qu’au sentiment de sécurité qu’ils éprouvent face à l’avenir. Les acheteurs ont davantage de pouvoir de négociation, mais peu d’emprise sur les facteurs qui influencent leur confiance. »

Le différend commercial entre le Canada et les États-Unis s’est fortement intensifié à la fin de l’été. Le 21 août, les négociations entre les deux pays ont été rompues, sans qu’aucune autre rencontre ne soit prévue. Le lendemain, les États-Unis ont annoncé l’imposition d’un tarif douanier de 50 % sur des milliards de dollars de produits canadiens, touchant notamment le vin, les meubles, les produits laitiers, le ciment et les vêtements. Ce tarif s’ajoute aux droits de douane déjà imposés sur des secteurs d’exportation clés, comme l’automobile, l’acier, l’aluminium et le bois d’œuvre. Ottawa a riposté avec une série de contre-tarifs, ce qui a poussé les États-Unis à interdire l’importation de certains produits canadiens, dont l’alcool, les motocyclettes et certains produits laitiers. Même si l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) demeure en vigueur jusqu’en 2036, il est entré dans une période d’incertitude accrue et fait désormais l’objet d’un examen annuel.

Parallèlement, le gouvernement fédéral continue de prendre des mesures pour réduire la dépendance du Canada envers les États-Unis, diversifier les occasions d’échanges commerciaux à l’international et attirer de nouveaux investissements dans les secteurs des infrastructures, de l’énergie et de la technologie au pays.

« Les efforts déployés pour attirer des investissements et renforcer nos relations commerciales au-delà des États-Unis sont des pas encourageants vers une économie canadienne plus résiliente », a souligné Soper. « La diversification ne peut compenser immédiatement les dommages causés par les mesures commerciales américaines, mais elle peut réduire notre vulnérabilité au fil du temps. Pour le marché immobilier, l’équation est simple : plus les Canadiens ont confiance en les perspectives économiques du pays, plus ils se sentent en sécurité sur le plan financier. En se concrétisant en investissements et en emplois, cette confiance donnera aux acheteurs une raison d’aller de l’avant. »

L’incertitude politique incite les acheteurs à la prudence

Le calendrier politique chargé au Canada ajoute un niveau d’incertitude supplémentaire aux perspectives du marché immobilier. Plusieurs facteurs donnent aux familles matière à réflexion au-delà du coût d’emprunt et du prix des propriétés. Des élections municipales se déroulent dans plusieurs provinces, un gouvernement minoritaire a récemment été élu au Québec et un référendum portera sur l’avenir de l’Alberta au sein du Canada.

« Les élections peuvent inciter les acheteurs et les vendeurs à faire une pause, le temps d’évaluer ce qu’un changement de gouvernement pourrait signifier pour eux », a déclaré Soper. « Cet automne, certaines des questions auxquelles les électeurs font face vont bien au-delà de la fiscalité ou des programmes en habitation. L’achat d’une maison est un engagement à long terme envers une communauté. L’incertitude quant à l’avenir de cette communauté, ou à la place de la province au sein du Canada, peut rendre les acheteurs réticents à s’enraciner. »

Faits saillants du troisième trimestre:

  • Les marchés des grandes régions de Toronto et de Vancouver ont respectivement enregistré une baisse de 3,7 % et de 4,0 % par rapport à la même période de 2025 au cours du troisième trimestre, les prix continuent de se stabiliser sur une base trimestrielle.
  • La région du Grand Montréal a enregistré une hausse de 2,9 % par rapport à la même période de 2025 et une légère hausse de 0,5 % comparativement au deuxième trimestre.
  • Les marchés régionaux des provinces des Prairies ont fait preuve de plus de stabilité et de résilience cet été.
  • Royal LePage prévoit que le prix de l’agrégat d’une propriété au Canada augmentera de 1,0 % au quatrième trimestre de 2026 par rapport au même trimestre de 2025. La prévision précédente a été revue à la baisse à la suite d’un troisième trimestre plus lent que prévu.

1L’agrégat des prix de Royal LePage est calculé en utilisant la moyenne pondérée de la valeur médiane de tous les types de propriétés étudiés. Les données sur les prix, qui comprennent la revente et les nouvelles constructions, sont fournies par RPS Solutions pour propriétés.