Le marché immobilier canadien a clôturé l’année 2025 sur une modeste baisse des prix des logements, reflétant une hésitation persistante chez les acheteurs. À l’approche du printemps, une baisse des coûts d’emprunt pourrait soutenir un retour graduel de l’activité, mais l’incertitude économique devrait freiner l’élan.
Selon l’Étude sur le prix des maisons de Royal LePageMD et les prévisions du marché, le prix de l’agrégat d’une propriété au Canada a diminué de 1,5 % sur un an pour atteindre 807 200 $ au quatrième trimestre de 2025. Sur une base trimestrielle, le prix de l’agrégat national a affiché une baisse semblable de 1,1 %, reflétant des conditions de marché moins vigoureuses et une prudence persistante de la part des acheteurs, deux facteurs qui ont freiné l’activité durant l’automne, une période généralement active.
« Malgré des niveaux d’activité modérés, les prix des maisons ont largement maintenu leur position au quatrième trimestre de 2025 », déclare Phil Soper, président et chef de la direction, Royal LePage. « L’incertitude économique – alimentée par les différends commerciaux et des tensions géopolitiques plus larges – a pesé sur la confiance des consommateurs et a atténué le marché cet automne, qui est généralement plus actif. Au lieu d’une flambée saisonnière automnale, nous avons assisté à une fin d’année plus calme. »
« Cela dit, les acheteurs se dirigeant vers le marché de ce printemps ont un avantage significatif par rapport à l’année dernière : des coûts d’emprunt plus bas, des prix immobiliers stables ou en baisse, et du choix. À une époque où l’inventaire des maisons est chroniquement limité, les niveaux d’inventaire sont idéalement équilibrés. Ensemble, ces conditions créent une véritable fenêtre d’opportunité, en particulier pour les premiers acheteurs dans les marchés les plus chers du Canada. »
La Synthèse nationale des prix des maisons de Royal LePage est produite en utilisant des données exclusives sur les propriétés à l’échelle nationale et régionale provenant de 64 des plus grands marchés immobiliers du pays. Un examen du marché par type de propriété indique qu’à l’échelle nationale, le prix médian d’une maison unifamiliale détachée a fléchi modestement de 0,8 % par rapport à 2024 pour atteindre 849 100 $, tandis que celui d’un appartement en copropriété a diminué de 2,9 % pour s’établir à 575 300 $. Sur une base trimestrielle, le prix médian d’une maison unifamiliale détachée et d’un appartement en copropriété a baissé respectivement de 1,3 % et 0,9 %. Les données sur les prix, qui comprennent à la fois les reventes et les constructions neuves, sont fournies par RPS Solutions pour propriétés résidentielles, une entreprise d’évaluation canadienne de premier plan.
La faiblesse du marché des condos persiste dans les centres urbains
À Toronto et à Vancouver, la baisse des prix a été particulièrement marquée dans le segment des appartements en copropriété qui continue de faire face à des vents contraires : une offre abondante, le retrait des investisseurs et l’hésitation des acheteurs d’une première propriété qui font souvent leur entrée sur le marché dans ce segment.
« Les marchés des condominiums dans les grands centres urbains restent sous pression, car une demande plus faible continue de se heurter à une offre accrue », mentionne M. Soper. « Pendant la brève période de taux d’intérêt élevés après la pandémie, de nombreux petits investisseurs-propriétaires ont constaté que le calcul du flux de trésorerie ne fonctionnait plus. Des coûts de maintien plus élevés ont forcé certains à quitter le marché, augmentant ainsi l’offre de revente. »
« Dans des conditions normales, on s’attendrait à ce que les investisseurs reviennent à mesure que les coûts d’emprunt diminuaient au cours de 2024 et 2025. Cependant, cette fois-ci, le temps a joué contre eux. Les réductions du nombre d’immigrants, ainsi que les quotas pour les travailleurs étrangers temporaires et les étudiants internationaux, ont fortement réduit la demande de logements locatifs, laissant moins de potentiels locataires au moment même où les taux commençaient à baisser. »
Un modeste élan est attendu pour ce printemps
Le printemps a historiquement été l’une des périodes les plus actives du calendrier du marché immobilier, portée par l’amélioration des conditions météorologiques, une demande refoulée des mois d’hiver et la flexibilité de déménager pendant l’été. En 2026, le printemps devrait voir un regain de dynamisme, sans toutefois connaître la forte hausse d’activité observée généralement durant cette période. La prudence persistante des consommateurs et l’absence d’urgence sont susceptibles de modérer l’activité de vente et la hausse des prix, maintenant ainsi des conditions de marché plus équilibrées.
« Les conditions sont réunies pour un printemps plus actif en 2026. Les taux d’intérêt ne sont plus un obstacle à l’accession à la propriété, les niveaux d’inventaire sont sains, et les indicateurs économiques continuent de pointer vers une croissance modérée du PIB et de l’emploi », déclare M. Soper.
« Ce qui continue de freiner le marché immobilier est la confiance des consommateurs. Une plus grande clarté sur les relations commerciales avec les États-Unis aiderait certainement, mais il y a aussi un changement plus subtil en cours. Après une année complète de turbulences économiques et politiques, de plus en plus de ménages ont renoncé à attendre une certitude parfaite et se recentrent sur ce qui se passe chez eux, et sur ce qui compte le plus : obtenir le bon logement pour leurs familles. À mesure que cet ajustement se concrétise, nous nous attendons à ce que cela se traduise progressivement par une participation accrue au marché. »
Faits saillants du quatrième trimestre:
- Le prix de l’agrégat d’une propriété dans la région du Grand Montréal a augmenté de 4,5 % par rapport à la même période de 2024, tandis que les marchés du Grand Toronto et du Grand Vancouver ont respectivement affiché des baisses de 5,7 % et de 4,1 % au quatrième trimestre.
- Parmi les principales régions du Canada, Québec est la ville qui a enregistré la plus forte hausse du prix de l’agrégat d’une propriété (13,2 %), et ce, pour un septième trimestre consécutif.
- Royal LePage prévoit un regain de l’activité ce printemps, sans forte hausse, avec le retour des acheteurs favorisé par la diminution des coûts d’emprunt et à l’amélioration de l’abordabilité des logements.
1L’agrégat des prix de Royal LePage est calculé en utilisant la moyenne pondérée de la valeur médiane de tous les types de propriétés étudiés. Les données sur les prix, qui comprennent la revente et les nouvelles constructions, sont fournies par RPS Solutions pour propriétés résidentielles.